Témoignage du passé, patrimoine historique, espace de promotion et d'échange culturel, les stations de métro représentent bien plus que de simples transports en commun. Entre le tumulte des allers venus, prenons le temps de nous arrêter sur quelques stations emblématiques...
Un patrimoine vieux de cent ans
Inauguré en 1900, quelques mois avant le début de l'Exposition universelle, le réseau ne cessera dès lors de se développer. Les lignes fleuriront et chacune d’elle sera marquée par les mouvements artistiques et les faits historiques de leur temps.
Les édicules d'autrefois
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| Édicule par Hector Guimard |
C’est ce que traduisent les formes des bouches de métro pensées et conçues par le jeune Hector Guimard. Les courbes des fontes sont harmonieuses et recherchées, leurs mouvements parfois complexes, et leurs remous nerveux rappellent souvent ceux que l’on peut observer à travers le monde végétal.
« C’est à la nature qu’il faut toujours demander conseil » disait Hector Guimard. Et c’est aussi ce que traduit son œuvre. L’artiste architecte s’inspire de la nature et de ses formes dynamiques : la courbe des fleurs, les veines des arbres, l’apparence des feuilles, l’entrelacement des tiges… Entre imagination et inspiration, ce sont des motifs à la fois abstraits et suggestifs qui voient le jour, comme en témoignent les entrées des stations Porte Dauphine, Abbesses, et Châtelet (Accès rue des Lavandières-Sainte-Opportune).
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| Édicule "libellule" par Hector Guimard |
Notons qu’Hector Guimard conçu près de 86 édicules pour les entrées des bouches de métro, mais bon nombre furent démontées dans les années 1930, leur couleur et certains de leurs aspects évoquant aux français et parisiens le douloureux souvenir allemand. Par ailleurs, les œuvres restantes de l’architecte que nous pouvons admirer à la sortie des bouches de métro sont toutes inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
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| Édicule de la station Saint-Fargeau |
Plus massives que celles d'Hector Guimard et peut être moins connues, ses créations se caractérisent par l'usage de matériaux différents, tels que le béton armé, la céramique, la mosaïque ou encore le marbre poli. On retrouve dans ces édicules la volonté de l’esthétisme caractéristique de l’époque de construction (début des années 1900), et des marques du mouvement Art nouveau qui influença également l’architecte. Notons que les céramiques de la station Saint-Fargeau furent l’œuvre des céramistes Gentil et Bourdet, qui décorèrent tout l’auvent.
La faïence métro
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| Faïences de la station Notre-Dame des Champs |
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| Publicité sur la faïence de la station fantôme Saint Martin |
Le métro d'aujourd’hui
En un siècle, le métro a toutefois suivi les avancées techniques de son temps. Le réseau s’est modernisé et certaines stations ont vu leurs décors se modifier. Les faïences ont été renouvelées ou supprimées et l'ensemble du réseau sous-terrain réaménagé pour le confort des voyageurs. Mais le métro, espace en mouvement, continue encore aujourd’hui d’être l’objet de créations nouvelles. Entre art moderne, promotion de lieux culturels et décors célébrant des dates clefs de l’Histoire française, découvrons ce nouveau patrimoine qui ne cesse de fleurir.
Les centenaires et bicentenaires mis à l’honneur
A la station Palais-Royal (sortie place Colette)
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| Le Kiosque des noctambules, par Jean-Michel Othoniel |
Cent ans après le lancement du métro dans la capitale, et comme un hommage rendu à l’architecte Hector Guimard évoqué précédemment, la RATP fit appel en l’an 2000 aux talents de l’artiste Jean-Michel Othoniel pour concevoir un nouvel édicule. Le Kiosque des noctambules surplombe ainsi depuis maintenant près treize ans l’entrée de la bouche de métro Palais-Royal, sur la place Colette. Après l’Art nouveau, c’est l’art moderne, actuel, qui s’installe dans la ville et vient mettre en valeur le réseau souterrain qui la sillonne.
La création de l’artiste Jean-Michel Othoniel, moderne et rocambolesque, détonne au sein d’un quartier classique et près du très célèbre Palais-Royal. Elle fut d’ailleurs très critiquée au moment de son installation. L’œuvre rappelle malgré tout, dans sa composition, celles pensées et crées par Hector Guimard. Des anneaux juxtaposés entourent l’entrée du métro tandis que des colonnes en aluminium succèdent à celles de fonte, et supportent non plus des marquises de verre transparent mais deux dômes stylisés et colorés, composés de sphères en verre de Murano.
Par ailleurs, chacun de ces deux dômes se distinguent par l’usage de couleurs différentes, avec pour l’un d’entre eux des couleurs chaudes, évoquant selon l’artiste le rayonnement solaire du jour, et pour le second, des tons plus froids, rappelant la nuit. Un banc se trouve également à l’arrière de la structure, prêt à accueillir les noctambules…
A la station Arts et Métiers, ligne 11
| Station Arts et Métiers façon Jules Verne |
Les carreaux de faïence caractéristiques des stations de métro vont disparaitre pour laisser place à de grandes plaques de cuivre, rappelant la structure des sous-marin. Les rouages situés au plafond, les instruments scientifiques disposés dans des vitrines aux contours de hublot, et le métro qui se trouve sous terre, tout contribue à transporter le voyageur dans une autre dimension. C’est l’univers de Jules Verne qui se matérialise le temps d’un arrêt...
Station Concorde, ligne 12
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| La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, station Concorde |
Ce réaménagement, qui fut achevé en 1991, est hautement symbolique du fait de la date anniversaire qu’il célèbre, mais aussi du lieu, la place de la Concorde ayant été sous la Révolution la place des exécutions.
A travers le prétexte des dates anniversaires, le réaménagement de ces stations traduit aussi la volonté de la RATP et de la municipalité de Paris de faire de ces lieux qui sont des lieux de passage, des endroits attractifs, culturels et symboliques, permettant de redécouvrir la capitale et son Histoire de façon originale, le temps d’un arrêt.
Une sélection de quelques stations culturelles
Louvre-Rivoli, ligne 1
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| Station Louvre-Rivoli, un musée avant le musée |
Cette station n’est toutefois pas la seule à promouvoir le lieu culturel qu’elle dessert, en effet celle des Champs-Élysées-Clemenceau est par exemple dédiée au Palais de la Découverte et à ses expositions sur le thème de la science.
La station Parmentier, ligne 3
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| La station Parmentier et ses résilles façon sac de pommes de terre |
La station Parmentier sur la ligne 3 fait honneur à celui dont elle porte le nom, Antoine Augustin Parmentier, nutritionniste rendu célèbre notamment pour la promotion qu’il fit de la pomme de terre et de ses bienfaits (d’où le nom de la recette à base de pommes de terre : le hachis Parmentier). La décoration des murs de la station rappelle par ailleurs les mailles des filets de pommes de terre et une statue de Parmentier offrant le fameux légume à un paysan se trouve exposé tout près des quais.
Station Madeleine, ligne 14
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| La poule aux œufs d'or, par Ivan Loubennikov |
Le métro s’impose ainsi parfois comme un prétexte dans l’échange culturel entre plusieurs pays, une ouverture de la ville vers l’ailleurs, une brèche vers l’extérieur.
Cet aperçu, non exhaustif, témoigne de la richesse du métro et de son patrimoine. Le métro n'est pas seulement un moyen de transport, il est aussi un réseau à la richesse patrimoniale non négligeable et un vecteur de promotion culturelle. Le temps d’un arrêt, il livre aux voyageurs son histoire, celle de la ville et de l’art qui l’anime...
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Image de tête: 1813 Paris - Métro, station Rome (XVII° Arr.) F. F. Paris











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